Après plusieurs années passées à la tête de la délégation de l’Union européenne au Togo, l’ambassadeur Gwilym Ceri Jones quitte Lomé avec la conviction d’avoir contribué au renforcement d’un partenariat qu’il qualifie de plus ambitieux, plus diversifié et plus stratégique. Reçu, jeudi 23 juillet 2026, par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, le diplomate européen a dressé un bilan largement positif de la coopération entre le Togo et l’Union européenne, tout en exprimant sa confiance dans la poursuite de cette dynamique.
Par Dimas DZIKODO
Cette audience, organisée à l’occasion de la fin de sa mission diplomatique, a été l’occasion de revenir sur les progrès accomplis au cours des dernières années dans des secteurs essentiels au développement du pays. Développement durable, infrastructures, énergie, gouvernance, éducation, agriculture, numérique, paix et sécurité figurent parmi les domaines dans lesquels les deux partenaires ont considérablement renforcé leur collaboration.

« Je viens d’être reçu par le Président du Conseil à l’occasion de mon départ de Lomé. Je suis venu pour échanger, écouter et faire le point sur ce qui a été fait. Le bilan est celui d’une augmentation importante de ce partenariat en ampleur et en portée », a déclaré Gwilym Ceri Jones à l’issue de son entretien.
Au cœur de cette coopération se trouvent les importants programmes d’investissement déployés par l’Union européenne au Togo. Selon le diplomate, ces interventions gagnent en intensité et ouvrent de nouvelles perspectives, notamment grâce au rapprochement entre les secteurs privés togolais et européens.
« Nos programmes d’investissement se renforcent. Nous disposons d’un portefeuille qui a beaucoup de potentiel avec les secteurs privé togolais et européen, en soutien à la croissance et à l’emploi dans des domaines clés comme l’énergie, l’agriculture, le numérique et bien d’autres », a-t-il souligné.

Au-delà des investissements économiques, l’Union européenne a également consolidé son engagement en faveur de la stabilité régionale. Face aux défis sécuritaires auxquels est confrontée l’Afrique de l’Ouest, la coopération entre Bruxelles et Lomé s’est progressivement élargie aux questions de défense et de sécurité, notamment dans la lutte contre le terrorisme et la sécurisation du golfe de Guinée.
Pour Gwilym Ceri Jones, le développement ne saurait être durable sans un environnement sécurisé.
« Il n’y a pas de développement sans sécurité. Nous avons pu renforcer nos appuis aux forces armées togolaises dans la lutte contre le terrorisme, mais aussi en faveur de la sécurité maritime », a-t-il affirmé.
Une coopération structurée autour d’un portefeuille de 201 millions d’euros
L’action de l’Union européenne au Togo s’inscrit dans le cadre du Document conjoint de programmation pluriannuelle (DCP) 2021-2027, qui mobilise une enveloppe globale de 201 millions d’euros destinée à accompagner les priorités nationales de développement.

Cette programmation repose sur trois axes stratégiques. Le premier concerne le développement humain et l’inclusion socio-économique, avec un accent particulier sur l’amélioration des conditions de vie des populations. Le deuxième vise le développement d’agro-industries durables ainsi que la gestion responsable des ressources naturelles. Enfin, le troisième est consacré au renforcement de la résilience de la société togolaise à travers la promotion d’une gouvernance inclusive, de la paix et de la cohésion sociale.
Une nouvelle étape avec le mécanisme de coopération tripartite
La coopération entre le Togo et l’Union européenne a franchi un nouveau cap en juin dernier avec le lancement officiel du mécanisme de coopération tripartite réunissant le gouvernement togolais, l’Équipe Europe et Eurocham Togo.
Ce nouveau cadre permanent de concertation traduit une volonté commune de rapprocher davantage les politiques publiques des attentes du secteur privé. Son ambition est de créer un environnement des affaires plus attractif, de stimuler les investissements européens, d’accompagner les réformes économiques entreprises par le gouvernement et de favoriser une coopération davantage orientée vers des résultats tangibles.

À travers cette plateforme, les partenaires entendent accélérer la création d’emplois, soutenir le développement des entreprises, renforcer les échanges économiques et contribuer à la transformation structurelle de l’économie togolaise.
Un partenariat appelé à se renforcer
Au terme de sa mission, Gwilym Ceri Jones quitte Lomé sur une note d’optimisme. Convaincu de la solidité des relations entre le Togo et l’Union européenne, il estime que les bases d’une coopération encore plus ambitieuse sont désormais réunies.
L’entretien avec le Président du Conseil vient ainsi confirmer la qualité du dialogue politique entretenu entre les deux partenaires. Dans un contexte international marqué par de multiples défis économiques, sécuritaires et climatiques, le Togo et l’Union européenne affichent leur volonté commune de poursuivre une coopération fondée sur la confiance, les investissements productifs, la stabilité et un développement durable au bénéfice des populations.
Dimas DZIKODO

