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Diplomatie

BURKINA FASO / KIM MAKOSSO CITÉE DANS UNE TROUBLANTE AFFAIRE DE TRANSFERT D’ARGENT AUX TERRORISTES : Une Accusation D’Une Extrême Gravité Vise La Fille De Camille Makosso

Dzikodo DimasBy Dzikodo Dimasaoût 28, 2026Updated:août 28, 2026Aucun commentaire8 Mins Read
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Des déclarations passées presque inaperçues au milieu du tumulte quotidien des réseaux sociaux mérite pourtant que l’on s’y arrête. Kim Makosso, fille du très controversé pasteur ivoirien Camille Makosso, est publiquement citée dans une affaire supposée de transfert d’argent destiné à des réseaux impliqués dans la déstabilisation du Burkina Faso. L’accusation est considérable. Elle touche à ce que la législation de tous les États frappés par l’extrémisme violent considère comme l’une des infractions les plus graves : le financement, direct ou indirect, d’activités terroristes.

Par Dimas DZIKODO

À part l’accusation portée publiquement par Boubou Mabel Diawara, un chroniqueur, animateur et commentateur politique malien très actif sur les plateformes numériques et les médias au Mali, c’est au cours d’une émission diffusée sur New World TV et consacrée aux tensions sécuritaires dans le Sahel que l’ancien ambassadeur togolais en Allemagne et journaliste Sogoyou Kéguéwé aurait formulé cette charge particulièrement lourde. Évoquant Camille Makosso et sa famille, l’ancien diplomate a directement mis en cause Kim Makosso, affirmant qu’elle aurait servi au transport d’argent destiné à des acteurs terroristes au Burkina Faso. Ces propos, rapportés publiquement, n’ont cependant pas été corroborés, à notre connaissance, par une procédure judiciaire rendue publique établissant la responsabilité de la jeune femme.

La prudence s’impose donc. Accuser une personne de participer au financement du terrorisme ne relève ni de la polémique ordinaire ni de la simple querelle sur les réseaux sociaux. Une telle affirmation nécessite des preuves, des flux financiers identifiables, des témoignages recoupés, éventuellement des données bancaires ou douanières et, surtout, une enquête judiciaire permettant à la personne mise en cause d’exercer pleinement son droit à la défense. Tant que ces éléments ne sont pas publiquement établis, Kim Makosso doit bénéficier de la présomption d’innocence. Toutefois le confrère Sogowou Keguewe n’est pas l’homme à s’aventurer sur des terrains glissants à la légère. L’ancien ambassadeur dispose d’un réseau suffisamment dense pour vérifier les informations qu’il avance et fait partie du coup, des journalistes les plus crédibles de notre pays.

L’ombre de l’affaire Damiba

C’est ainsi que l’accusation prend une résonance particulière dans le contexte politique burkinabè du début de l’année 2026. Paul-Henri Sandaogo Damiba, ancien chef de la transition renversé en septembre 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré, avait trouvé refuge au Togo. Les autorités judiciaires burkinabè l’ont ensuite mis en cause dans une procédure portant notamment sur des actes préparatoires d’atteinte à la sûreté et à la sécurité de l’État, le détournement de deniers publics, la corruption, le blanchiment de capitaux et d’autres infractions. À la demande de Ouagadougou, la justice togolaise a autorisé son extradition et l’ancien chef de l’État est arrivé au Burkina Faso le 17 janvier 2026.

Certains récits circulant depuis lors sur les réseaux sociaux soutiennent que Damiba aurait livré aux enquêteurs des noms de personnes soupçonnées d’avoir servi d’intermédiaires financiers ou logistiques à des projets de déstabilisation. C’est ainsi que celui de Kim Makosso est avancé dans ce contexte. Mais aucune source officielle burkinabè consultée ne permet, pour l’heure, d’établir que Damiba l’aurait effectivement dénoncée comme certains sources persistent à le faire croire, ni qu’elle figurerait formellement dans un dossier judiciaire relatif au financement du terrorisme. Présenter cette assertion comme une certitude serait donc prématuré.

Kim Makosso sur les genoux de son père Camille Makosso, la grande gueule ivoirienne au sens propre comme au figuré

Les soupçons autour de réseaux de financement ou de soutien à des entreprises de déstabilisation ne sont cependant pas apparus de nulle part. Début janvier 2026, les autorités burkinabè accusaient publiquement Paul-Henri Sandaogo Damiba d’être impliqué dans un projet visant la sécurité de l’État. Certaines autorités burkinabè ont également évoqué des soutiens extérieurs et des circuits financiers dépassant les frontières du pays. Cela donne nécessairement une dimension régionale à toute accusation portant sur la circulation clandestine d’argent vers le Burkina Faso.

Kim Makosso et ses séjours au « pays des Hommes intègres »

Un autre élément alimente aujourd’hui les interrogations : les déplacements antérieurs de Kim Makosso au Burkina Faso. La jeune femme y aurait effectué plusieurs séjours avant que sa présence dans le pays ne devienne beaucoup plus discrète. Ce simple fait, à supposer qu’il soit documenté, ne constitue évidemment aucune preuve d’une quelconque activité illégale. Voyager dans un pays ne fait de personne un suspect et la proximité familiale avec un polémiste hostile à un gouvernement ne saurait davantage constituer une incrimination.

Toutefois, lorsqu’une accusation aussi précise (transport d’argent, destination burkinabè, bénéficiaires présumés liés à des activités terroristes) surgit publiquement, la question des déplacements antérieurs devient légitimement un objet de vérification journalistique. À quelles dates Kim Makosso s’est-elle rendue au Burkina Faso ? À quelles fins ? Avec qui entretenait-elle des relations sur place ? Pourquoi ces voyages auraient-ils cessé ? Autant de questions auxquelles seules des investigations sérieuses peuvent apporter des réponses.

Il faut ici se garder d’un piège fréquent : l’apparence sociale ou familiale ne renseigne aucunement sur la réalité d’éventuelles responsabilités. Être une jeune femme connue du public, issue de la famille d’un pasteur très médiatisé et apparaître dans un univers éloigné des théâtres de guerre n’interdit ni les soupçons ni les enquêtes lorsque des accusations circonstanciées sont formulées. Mais cette même exigence commande de ne condamner personne sur la base de son nom, de sa filiation ou d’une déclaration médiatique.

Camille Makosso, adversaire verbal récurrent d’Ibrahim Traoré

Cette affaire est d’autant plus explosive que Camille Makosso entretient depuis plusieurs années une relation particulièrement conflictuelle avec le pouvoir burkinabè. Le très controversé polémiste ivoirien, habitué des prises de parole fracassantes sur les réseaux sociaux, s’est régulièrement attaqué au capitaine Ibrahim Traoré et aux orientations politiques du Burkina Faso.

Plusieurs vidéos publiées régulièrement depuis 2025 témoignent de cette confrontation publique particulièrement virulente entre Camille Makosso et le président burkinabè. L’épisode avait d’ailleurs pris une ampleur telle que Makosso avait par la suite été présenté dans plusieurs publications comme ayant cherché l’apaisement ou demandé pardon aux Burkinabè après une nouvelle polémique.

Ces attaques verbales répétées ne prouvent naturellement aucune participation de sa fille à un réseau clandestin. L’hostilité politique d’un père n’est pas juridiquement transmissible à ses enfants. Mais dans l’opinion publique burkinabè, le rapprochement entre les déclarations répétées de Camille Makosso contre Ibrahim Traoré et l’accusation désormais formulée contre Kim Makosso risque inévitablement d’alimenter les soupçons et les interprétations les plus diverses. C’est précisément pour cette raison que l’affaire nécessite d’être vraiment creusée.

Si les accusations étaient établies, l’affaire changerait complètement de dimension

Si une enquête judiciaire, journalistique ou indépendante venait un jour à démontrer que Kim Makosso a effectivement transporté ou facilité le transfert d’argent en connaissance de sa destination terroriste, il ne serait plus question d’une simple polémique médiatique. Il s’agirait potentiellement d’une participation à un mécanisme de financement du terrorisme ou de soutien à une entreprise criminelle, avec toutes les conséquences pénales et sécuritaires que cela implique.

Dans un Burkina Faso qui paie depuis des années un tribut considérable aux attaques djihadistes, où des militaires, des Volontaires pour la défense de la patrie et surtout des milliers de civils ont perdu la vie, toute complicité financière avec des organisations terroristes constituerait une atteinte extrêmement grave à la sécurité nationale. Chaque somme transférée peut se transformer en carburant, en armes, en explosifs, en moyens de communication, en renseignement ou en capacité opérationnelle supplémentaire pour ceux qui sèment la mort.

Si les faits étaient prouvés, aucune notoriété familiale, aucun statut social et aucune proximité avec une personnalité religieuse ou médiatique ne pourrait moralement les banaliser. Celui qui finance sciemment le terrorisme ne se contente pas de transporter de l’argent : il contribue matériellement à rendre possibles les attaques que cet argent permet de préparer.

Mais la vérité doit précéder la condamnation

L’extrême gravité des accusations impose précisément de ne pas confondre indignation et démonstration. Jusqu’à présent, les recherches effectuées ne permettent pas d’identifier une inculpation officielle de Kim Makosso au Burkina Faso, un mandat émis contre elle, une décision judiciaire l’impliquant ou un communiqué gouvernemental confirmant qu’elle aurait transporté de l’argent destiné à des groupes terroristes.

L’accusation du doyen Sogoyou Kéguéwé constitue donc, à ce stade, une affirmation publique suffisamment grave pour mériter vérification. Il serait tout aussi important que Kim Makosso puisse répondre publiquement et expliquer notamment la nature de ses anciens déplacements au Burkina Faso.

La lumière pourrait également venir des autorités burkinabè. Si son nom apparaît réellement dans les investigations ouvertes autour des différentes affaires de déstabilisation, le public finira vraisemblablement par le savoir dans le cadre de procédures régulières. Dans le cas contraire, le silence prolongé laissera prospérer une accusation qui peut gravement atteindre toute réputation.

Dimas DZIKODO

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Dzikodo Dimas

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