Réuni le jeudi 22 octobre 2026 à Lomé, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, le Conseil des ministres a pris plusieurs décisions majeures touchant aux finances publiques, à la transformation économique, à l’enseignement supérieur et à l’administration territoriale. Au cœur des travaux figurent l’adoption du projet de loi de finances rectificative 2026 et celle du projet de budget 2027, dans un environnement international marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques.
Par Dimas DZIKODO
Un budget 2026 réajusté face aux contraintes internationales
Le gouvernement a adopté le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026, ramenant le budget de l’État à 2 744,2 milliards de francs CFA, contre 2 751,5 milliards initialement prévus, soit une légère diminution de 0,3 %. Le déficit budgétaire prévisionnel est fixé à 247,6 milliards de francs CFA, représentant 3,4 % du produit intérieur brut. Cet ajustement répond principalement à la hausse des prix des hydrocarbures, au ralentissement attendu de la croissance mondiale et aux nouvelles exigences de financement. L’exécutif entend notamment atténuer les conséquences de la conjoncture sur les conditions de vie des populations, renforcer les moyens consacrés à la lutte contre le terrorisme et poursuivre les investissements structurants.

Budget 2027 : priorité à la sécurité, à la cohésion sociale et à l’investissement
Pour l’exercice 2027, le Conseil a adopté un projet de budget équilibré en ressources et en charges à 2 684,1 milliards de francs CFA, soit une baisse de 2,5 % par rapport au budget initial de 2026. Malgré cette contraction, le gouvernement maintient ses ambitions de développement. Une enveloppe de 490 milliards de francs CFA est consacrée aux investissements relevant de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031. Elle se répartit entre trois axes prioritaires : « Protéger », avec 227,2 milliards ; « Transformer », doté de 143,5 milliards ; et « Rassembler », bénéficiant de 97 milliards. Les programmes transversaux mobiliseront, quant à eux, 22,4 milliards de francs CFA. Ces orientations traduisent la volonté des pouvoirs publics de concilier sécurité nationale, protection sociale, développement des infrastructures, industrialisation, modernisation agricole et création d’emplois. La discipline budgétaire, la digitalisation et la transparence dans la gestion des finances publiques demeurent également au centre de l’action gouvernementale.
Zones économiques spéciales : une réforme pour attirer davantage d’investissements
Autre décision importante, l’adoption du projet de loi portant régime des zones économiques spéciales (ZES). Cette réforme vise à moderniser le dispositif actuel des zones franches industrielles, à favoriser une meilleure répartition territoriale des investissements et à renforcer l’intégration des entreprises togolaises dans les chaînes de valeur. Le nouveau cadre entend promouvoir la création d’emplois qualifiés, la formation professionnelle, le contenu local et un régime fiscal plus compétitif, tout en préservant les recettes publiques.
Le Conseil a également adopté le projet de loi autorisant la ratification de l’Accord de Samoa, destiné à renforcer la coopération entre l’Union européenne et les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, notamment dans les domaines de l’investissement, de la gouvernance et du développement durable.
Enseignement supérieur : feu vert pour l’Université de Datcha
Dans le domaine de l’éducation, le gouvernement a autorisé l’ouverture de l’Université de Datcha dès la rentrée universitaire 2026-2027. L’établissement proposera douze filières réparties entre trois instituts spécialisés dans les sciences agronomiques et environnementales, les sciences biomédicales ainsi que les intelligences et stratégies territoriales.

Le Conseil a par ailleurs examiné en première lecture un projet de décret portant création de l’Agence togolaise de certification professionnelle, appelée à renforcer la reconnaissance et la fiabilité des qualifications professionnelles.
Administration territoriale : six nouveaux préfets nommés
Au chapitre des nominations, six préfectures connaissent de nouveaux responsables. Le colonel DJOSSOU Agossa Essevi prend la tête de l’Avé, le colonel à la retraite AKAGNA Kodjo est nommé dans le Bas-Mono, le colonel PIDASSA Bakaï dans l’Est-Mono et le colonel FIAWOFIA DOAGBODJI Kodjo dans le Kloto. LARE Bintiene Djimbondjo et AHE Kokouvi Dodji sont respectivement nommés préfets de Wawa et de Yoto.
À travers ces décisions, le gouvernement dirigé par Faure Gnassingbé affiche une ligne de conduite articulée autour de la rigueur budgétaire, du renforcement de la sécurité, de la transformation productive et de la cohésion territoriale. Dans un contexte économique international exigeant, l’enjeu reste désormais de traduire ces orientations en résultats concrets pour les populations et en opportunités durables pour l’économie togolaise.
Dimas DZIKODO

