La Guinée-Bissau a replongé mercredi dernier dans l’instabilité politique qui marque son histoire depuis des décennies.
À la veille de la publication des résultats provisoires de la présidentielle, un groupe d’officiers a annoncé avoir renversé le président Umaro Sissoco Embaló.
Les putschistes ont nommé le général Horta Nta Na Man à la tête de la transition.
Il dirigera le pays pendant un an.
Ce coup d’État survient dans un climat particulièrement tendu.
Le scrutin opposait Embaló à Fernando Dias, nouvelle figure politique très suivie.
Les deux candidats avaient revendiqué la victoire dès le premier tour, accentuant la méfiance autour du processus électoral.
L’Union africaine et la Cédéao ont aussitôt condamné le putsch.
Elles ont exigé la libération immédiate du président Embaló et des responsables électoraux arrêtés.
En réponse, la Cédéao a décidé de créer un conseil de médiation pour calmer la crise.
Cette mission délicate a été confiée au président du Conseil Togolais, Faure Essozimna GNASSINGBE, déjà engagé dans la médiation entre la RDC et le Rwanda pour le compte de l’Union africaine.
Il sera accompagné de José Maria Neves, président du Cap-Vert, et de Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal.
Petite nation côtière devenue un point stratégique pour les réseaux internationaux de cocaïne, la Guinée-Bissau cumule les crises depuis son indépendance en 1974.
Elle a connu au moins neuf coups d’État ou tentatives en cinquante ans.
Selon plusieurs analystes, cette nouvelle rupture ne devrait pas modifier en profondeur la situation.
Les intérêts liés au narcotrafic continueront de peser lourdement sur la vie politique, quel que soit le pouvoir en place.
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