
Par une décision annoncée le 18 mai 2026 par le Président du Conseil Faure Gnassingbé, le Togo accorde désormais l’entrée sans visa à tous les ressortissants africains détenteurs d’un passeport national valide, pour des séjours allant jusqu’à 30 jours (avec une déclaration en ligne préalable via le portail voyage.gouv.tg). Cette mesure place le Togo aux côtés du Bénin, de la Gambie, du Rwanda, des Seychelles et du Ghana, qui ont déjà adopté une politique de visa-free totale pour le continent. Cette initiative s’inscrit dans la vision panafricaine de l’Union africaine (Agenda 2063 et Protocole sur la libre circulation des personnes). Elle contraste fortement avec les politiques restrictives de l’Occident à l’encontre des pays africains et nous offre l’occasion d’une analyse comparative documentée sur les avantages sociaux et économiques attendus.
Par Dimas DZIKODO
* Avantages économiques
Une évidence saute aux yeux dès lors qu’on accepte regarder de près les avantages que peut procurer cette mesure forte prise par le Président du Conseil Faure Gnassingbé: elle contribuera, à n’en point douter, à booster le tourisme, le commerce et les investissements de notre pays le Togo et la suppression des barrières administratives et financières.
Les visas, il est difficile de dire le contraire, représentent un coût énorme (frais, voyages aux ambassades, temps perdu) et une incertitude (taux de refus élevés) difficile à gérer pour le citoyen lambda. En Europe, les demandeurs africains font face à des taux de rejet Schengen souvent supérieurs à 30 % (jusqu’à 40-50 % pour certains pays comme le Nigeria ou l’Algérie en 2022), contre un taux mondial plus bas. Les frais non remboursables et les preuves financières exigées (plus de 100 €/jour) découragent de nombreux voyageurs légitimes vers ce continent.
Au Togo, l’exemption supprime, de facto, ces freins. Les pays pionniers l’illustrent de manière tangible : le Rwanda, leader en ouverture des visas, a vu son tourisme croître significativement. Avant la pandémie, les arrivées touristiques africaines avaient augmenté grâce à des politiques libérales. La Gambie et le Bénin rapportent des hausses de visites intra-africaines.
Pour le Togo, avec son positionnement comme hub logistique (port et aéroport de Lomé) et ses atouts (plages, culture riche, proximité avec le Ghana et le Bénin voir le Nigeria et la Côte-d’Ivoire ), on peut anticiper une augmentation des arrivées de 20-50 % sur le court-moyen terme, selon des tendances observées ailleurs sur le continent (indice d’ouverture des visas de la Banque Africaine de Développement -BAD-).
Commerce et investissements intra-africains
Il est reconnu de tous que la libre circulation facilite les voyages d’affaires. Les entrepreneurs, commerçants et investisseurs africains peuvent désormais prospecter plus facilement sans délais bureaucratiques le marché togolais. Le Togo, membre de la CEDEAO et hub régional, renforce ainsi son attractivité pour les chaînes de valeur ouest-africaines (agriculture, services, numérique). Des études de la Banque africaine de développement montrent que l’ouverture des visas corrèle positivement avec les échanges intra-africains, encore faibles (environ 15-20 % du commerce total africain, contre plus de 60 % en Europe ou en Asie).
Effet multiplicateur sur l’emploi et les recettes fiscales
Tout le monde est unanime sur le fait qu’un tourisme accru est égal à plus d’emplois dans l’hôtellerie, la restauration, le transport et l’artisanat et il est indispensable de créer les conditions pour atteindre cet objectif. Les devises étrangères entrantes soutiennent la balance des paiements. À long terme, une diaspora africaine plus mobile investira davantage (remittances ou transferts de fonds et entrepreneurship). Et il est important de préciser que le Rwanda a utilisé sa politique visa-free pour positionner Kigali comme centre de conférences panafricain.
Nous ne devons pas perdre de vue que les pays occidentaux en général et principalement l’Union européenne maintient des barrières qui limitent les échanges avec les pays du Sud, précisément ceux d’Afrique. Les visas Schengen freinent le tourisme africain et les business trips, malgré le fort potentiel dont regorge notre continent (marché africain en croissance démographique et économique). Des rapports soulignent que ces restrictions coûtent cher en opportunités perdues et alimentent même une forme de « reverse remittances » ou transferts inverses via les frais de dossiers.

*Avantages sociaux
D’un autre côté, nous pouvons envisager d’importants avantages sociaux suite à cette décision partant du renforcement de l’identité panafricaine aux échanges humains et aussi de la facilitation des liens familiaux, culturels et éducatifs.
De nombreuses familles africaines sont transfrontalières sur tout le continent. L’exemption décidée par le Président Faure Gnassingbé permet des visites familiales plus fréquentes, renforçant les liens sociaux et réduisant le sentiment d’isolement que les peuples subissent depuis l’érection de ces barrières imposées par la colonisation.
Les échanges culturels (festivals, sports, arts) s’intensifieront, favorisant une identité africaine partagée. Les exemples du Rwanda et des Seychelles sont forts intéressants. Ces pays ont vu une augmentation des échanges culturels et sportifs de façon exponentielle.
Mobilité étudiante et professionnelle
Avec cette disposition bien mûrie, les étudiants et professionnels de tous le continent peuvent explorer des opportunités régionales sans obstacles en choisissant notre pays. Cela contribuera au développement des compétences et à la circulation des talents (brain circulation plutôt que brain drain). L’Afrique ira en gagnant en capital humain par des collaborations universitaires et des formations courtes pouvant sortir la jeunesse de l’ornière du chômage et de la précarité.
Santé et solidarité continentale
La décision prise par le Président Faure Gnassingbé retisse les liens de solidarité entre les peuples africains. En cas de crises (épidémies, catastrophes), une circulation plus fluide accélère l’aide humanitaire et la coopération médicale. Vous vous rappelez que les sapeurs-pompiers du Ghana, sollicités par les autorités togolaises, avaient pris un temps fou à la frontière d’Aflao avant d’intégrer le territoire togolais suite à l’incendie qui avait ravagé le grand marché de Lomé, lorsqu’ils avaient été appelés en renfort en janvier 2013. Un temps long qui pourrait être économisé si la question d’intégration et de visa était réglée à l’époque.
Les restrictions Schengen et des autres pays occidentaux, voire même africains, créent déjà assez de frustration et sentiment de discrimination chez les Africains (rejets élevés, processus humiliants pour certains). Inutile d’en rajouter et d’en entretenir entre nous sur le continent. Car cela nourrit parfois des tensions diplomatiques, alors que les politiques africaines ouvertes renforcent la solidarité intra-continentale et l’image de l’Afrique comme acteur mature de l’intégration régionale.
Défis et conditions de succès : une mise en œuvre prudente
Sachant que toute politique d’ouverture comporte des risques à ne pas négliger (sécurité, pression sur les services) les autorités togolaises ont anticipé en exigeant une déclaration en ligne 24h à l’avance. Ce qui permet un suivi minimal sans barrière majeure. Les pays comme le Rwanda ont réussi en investissant dans la digitalisation des frontières, la formation des agents et une coopération sécuritaire régionale (via la CEDEAO, G5 Sahel ou mécanismes UA).
Des études de la Banque africaine de développement (BAD) montrent que les pays les plus ouverts (Bénin, Rwanda) n’ont pas connu d’augmentation notable de l’immigration irrégulière, grâce à des contrôles ciblés et à la réciprocité qui encourage d’autres nations à suivre.
Un pas vers l’Afrique que nous désirons
La décision du Togo n’est pas seulement symbolique. Plusieurs observateurs avisés pensent qu’elle est pragmatique et visionnaire. En comparaison avec l’Europe, qui maintient un système discriminatoire et coûteux malgré ses discours sur le partenariat, l’Afrique démontre qu’une intégration audacieuse est possible et profitable. Les avantages économiques (croissance du PIB via tourisme et commerce) et sociaux (unité, échanges, fierté continentale) l’emportent largement sur les défis gérables.
D’autres pays sont appelés à emboîter le pas à notre pays. Comme l’a illustré le Ghana en 2025, ces mesures accélèrent la réalisation de l’Agenda 2063. Le Président du Conseil,Faure Gnassingbé, par ce geste, fait renforcer à notre pays, son leadership régional et contribue à bâtir une Afrique plus connectée, prospère et souveraine. C’est une invitation à voyager, commercer et s’unir sans visa dans une Afrique libre et intégrée !
Dimas DZIKODO

