Face à une montée jugée préoccupante du niveau des eaux dans le bassin de la rivière Zio et ses zones périphériques, le gouvernement togolais, à travers le ministère de la Sécurité, a lancé une alerte préventive à l’endroit des populations concernées. Dans un communiqué officiel rendu public le 4 juin, le ministre de la Sécurité, le colonel Calixte Batossie Madjoulba, appelle à une mobilisation générale des acteurs de la gestion des risques de catastrophes ainsi qu’à une vigilance accrue des populations riveraines.
Par Dimas DZIKODO
Une situation hydrologique sous haute surveillance
Selon les données recueillies par les services techniques compétents, les niveaux d’eau enregistrés sur les stations hydrométriques de Kati et de Kpédji, ainsi que sur la balise communautaire de Tovouganou à Togblékopé, révèlent une évolution préoccupante de la situation hydrologique dans le bassin du Zio.
Les communes de Zio 1, Zio 2, Zio 3, Zio 4, Avé 1, Agoè-Nyivé 2, Agoè-Nyivé 4, Agoè-Nyivé 6, Golfe 1 et Golfe 6 figurent parmi les zones les plus exposées aux risques liés à une éventuelle crue. Les autorités redoutent notamment des débordements susceptibles d’affecter les habitations, les infrastructures socioéconomiques et les activités génératrices de revenus des populations locales.
Cette inquiétude est renforcée par les prévisions météorologiques qui annoncent la poursuite des précipitations au cours des prochaines semaines. Dans un contexte où plusieurs régions du pays ont déjà enregistré des pluies abondantes depuis le début de la saison hivernale, le risque d’une aggravation de la situation ne peut être écarté.
Une stratégie de prévention fondée sur l’anticipation
Conscient des conséquences souvent dramatiques des inondations, le gouvernement privilégie une approche préventive basée sur l’anticipation et la préparation des communautés exposées. Le ministère de la Sécurité a ainsi demandé à l’ensemble des Plateformes régionales et locales de réduction des risques de catastrophes de maintenir un niveau élevé de vigilance, d’assurer une surveillance permanente des dispositifs d’alerte précoce et de se tenir prêts à intervenir rapidement en cas de besoin.
Cette démarche s’inscrit dans la politique nationale de gestion des catastrophes qui vise à réduire les pertes humaines et matérielles grâce à une meilleure coordination entre les services techniques, les collectivités territoriales et les populations.
Des consignes strictes pour protéger les populations
Dans son communiqué, le ministre de la Sécurité insiste sur la nécessité pour les populations vivant à proximité du cours d’eau de respecter rigoureusement les mesures de précaution recommandées. Les riverains sont invités à surveiller régulièrement les balises communautaires et les échelles limnimétriques afin de signaler immédiatement toute montée rapide ou inhabituelle des eaux aux autorités compétentes. Ils sont également appelés à éviter toute activité dans le lit du cours d’eau ou à ses abords, notamment la baignade, la traversée, la lessive ou encore certaines pratiques rituelles susceptibles de les exposer à des dangers.
Une attention particulière est demandée à l’égard des groupes les plus vulnérables, notamment les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes en situation de handicap. Les ménages sont par ailleurs encouragés à se préparer à une éventuelle évacuation et à suivre sans réserve les consignes qui pourraient être données par les autorités locales.
En cas d’urgence, les populations peuvent joindre les services de secours à travers les numéros verts 170, 1014 et 118.
Les défis récurrents de la saison des pluies
Le bassin du Zio figure parmi les zones régulièrement confrontées aux phénomènes d’inondation durant les périodes de fortes précipitations. L’urbanisation rapide, l’occupation parfois anarchique des zones inondables, l’insuffisance des ouvrages d’évacuation des eaux pluviales et les effets croissants des changements climatiques contribuent à accentuer la vulnérabilité des populations.
Au cours des dernières années, plusieurs localités situées le long du fleuve et de ses affluents ont subi d’importants dégâts matériels à la suite de crues saisonnières. Ces événements ont rappelé la nécessité d’un renforcement constant des dispositifs de prévention, d’alerte et de résilience communautaire.
Un appel au civisme et à la responsabilité collective
Au-delà des mesures techniques et sécuritaires, les autorités misent également sur le sens de la responsabilité des citoyens. Le ministre de la Sécurité exhorte les populations concernées à conserver leur calme tout en restant attentives à l’évolution de la situation. Il les invite également à ne pas céder aux rumeurs ni aux informations non vérifiées circulant sur les réseaux sociaux, et à s’en tenir exclusivement aux communications officielles.
À travers cette alerte préventive, le gouvernement entend renforcer la culture du risque et promouvoir une gestion proactive des catastrophes naturelles. Dans un contexte marqué par l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes, la vigilance de tous apparaît désormais comme un impératif majeur pour préserver les vies humaines et limiter les impacts socioéconomiques des inondations.
Dimas DZIKODO



