À l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a adressé un message d’encouragement aux élèves, aux enseignants et aux parents. Au-delà des vœux de réussite, cette prise de parole intervient dans un contexte marqué par la poursuite d’une politique éducative fondée sur l’accès du plus grand nombre à l’école, l’allègement des charges supportées par les familles, l’amélioration des infrastructures et une attention croissante portée à la scolarisation et au maintien des filles dans le système éducatif.

Par Dimas DZIKODO

« À tous nos enfants qui reprennent le chemin de l’école, je souhaite une excellente rentrée, placée sous le signe de l’apprentissage, de l’épanouissement et de la réussite. » Par ces mots publiés à l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027, le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a tenu à s’adresser directement aux premiers acteurs de l’école togolaise. Il a également rendu hommage aux enseignants, saluant leur « engagement, leur patience et leur dévouement », tout en soulignant le rôle essentiel des parents dans l’accompagnement quotidien des enfants. Un message qui met en avant la responsabilité collective autour de l’école et traduit, une nouvelle fois, la place stratégique accordée à l’éducation dans les politiques publiques.

L’accès à l’école comme choix de politique sociale

Depuis plusieurs années, l’action publique dans le secteur éducatif s’est notamment traduite par des mesures destinées à réduire les obstacles financiers susceptibles d’éloigner les enfants des salles de classe. La gratuité des frais de scolarité dans l’enseignement primaire public constitue l’un des marqueurs de cette orientation. À cette mesure sont venues s’ajouter la gratuité des frais d’inscription aux examens scolaires ainsi que l’extension progressive de l’exonération des frais d’écolage au secondaire. L’objectif poursuivi est clair : faire en sorte que les ressources financières d’une famille ne constituent pas, à elles seules, un obstacle à la poursuite des études d’un enfant.

Cette politique d’accès s’est accompagnée d’investissements dans l’offre éducative. Entre 2020 et 2024, les données officielles font état du recrutement et de la formation de 11 303 enseignants fonctionnaires, ainsi que de la construction ou de la réhabilitation de plus de 4 600 salles de classe. Dans le même temps, la proportion d’enseignants volontaires dans le système éducatif est passée de 41,6 % en 2022 à 7,9 % en 2023, selon les données publiées par les autorités. Les cantines scolaires ont également constitué un autre instrument d’inclusion, avec la fourniture de repas chauds à environ 218 000 élèves des établissements préscolaires et primaires publics.

La scolarisation des filles, un enjeu d’égalité des chances

C’est toutefois sur le terrain de la scolarisation des filles que cette rentrée 2026-2027 porte l’un des signaux les plus significatifs. Le 9 septembre dernier, à Blitta-Gare, le gouvernement a lancé, sous l’impulsion de Faure Gnassingbé, la deuxième édition de la campagne nationale de distribution de kits scolaires aux filles du primaire, des collèges et des lycées publics, notamment dans les localités considérées comme les plus vulnérables.

Présidée au nom du Président du Conseil par la ministre, Secrétaire générale de la Présidence du Conseil et Gouverneure de la Banque mondiale pour le Togo, Dr Sandra Ablamba Johnson, l’opération doit bénéficier cette année à plus de 150 000 filles dans plus de 1 500 localités à travers le pays. Elle s’inscrit dans le cadre du projet SWEDD+, avec l’appui de la Banque mondiale et l’accompagnement technique de l’UNFPA.

L’ampleur prise par l’initiative traduit une progression notable. La première édition, organisée en 2025, avait permis d’accompagner 101 334 filles dans 782 localités. Le dispositif 2026 dépasse ainsi largement ce premier périmètre et associe soutien aux élèves vulnérables et promotion de l’excellence. Les meilleures candidates aux examens du CEPD, du BEPC et du BAC 1 dans les zones concernées bénéficient notamment d’équipements spécifiques, dont des sacs dotés de panneaux solaires et de lampes d’éclairage fabriqués localement.

Réduire les disparités entre filles et garçons

Derrière les kits scolaires se trouve un enjeu plus profond : éviter que la pauvreté, l’éloignement géographique, certaines contraintes familiales ou sociales et les inégalités de genre n’entraînent l’abandon scolaire des adolescentes. La politique sectorielle togolaise de l’éducation fait d’ailleurs de la scolarisation universelle au primaire un objectif majeur, avec une attention particulière portée aux populations vulnérables, aux enfants vivant en milieu rural, aux enfants à besoins éducatifs spécifiques et aux filles.

Les indicateurs officiels témoignent d’une réduction progressive de certaines disparités. Dans la Déclaration de politique générale, les autorités indiquent qu’entre 2020 et 2024 le taux d’achèvement du primaire est passé de 87 % à 94,6 %, tandis que celui du secondaire a évolué de 51,7 % à 61,4 %, avec une progression de dix points de pourcentage pour les filles au niveau des deux cycles.

À l’occasion du lancement de la campagne de kits scolaires de septembre 2026, il a également été indiqué que le taux de scolarisation des filles au primaire atteignait 98,54 %, contre 97,07 % pour les garçons. Ces données montrent que l’enjeu n’est désormais plus seulement de faire entrer les filles à l’école, mais également de les y maintenir, d’améliorer leur réussite et de favoriser leur progression jusqu’aux niveaux secondaire, technique, professionnel et supérieur.

De la gratuité à la qualité de l’enseignement

La démocratisation de l’accès à l’école ne peut toutefois produire pleinement ses effets sans amélioration parallèle de la qualité des apprentissages. C’est dans cette perspective que la Feuille de route gouvernementale a fait de l’augmentation des capacités d’accueil scolaire et de l’amélioration de la qualité de l’enseignement deux axes prioritaires.

La question des enseignants occupe à ce titre une place centrale. Le mémorandum d’entente conclu le 14 avril 2026 entre le gouvernement et les fédérations d’enseignants a instauré une trêve sociale de cinq ans, destinée à consolider la stabilité du secteur et à créer des conditions favorables à la poursuite des réformes. La formation continue, l’encadrement pédagogique, l’adaptation des méthodes d’apprentissage et la modernisation du système éducatif participent de cette même recherche de qualité.

Il s’agit ainsi de dépasser progressivement la seule logique quantitative. Construire des classes, recruter des enseignants, supprimer ou alléger certains frais, distribuer des fournitures ou soutenir les cantines constitue une première dimension. La seconde consiste à faire de l’école un espace où l’enfant acquiert effectivement les connaissances, les compétences et les outils nécessaires à son insertion future dans la société et dans l’économie.

Une rentrée sous le signe d’une responsabilité partagée

C’est aussi ce qui donne tout son sens au message adressé par Faure Gnassingbé aux enseignants et aux parents. L’État peut construire les infrastructures, financer des dispositifs sociaux, recruter et former des enseignants ou mettre en œuvre des programmes spécifiques en faveur des filles ; la réussite éducative reste cependant tributaire d’une mobilisation de l’ensemble de la communauté nationale.

En saluant les enseignants pour leur patience et leur dévouement et les parents pour leur « présence bienveillante » et leur « accompagnement au quotidien », le Président du Conseil replace ainsi chacun devant sa part de responsabilité. L’école est à la fois une politique publique et une œuvre collective.

La rentrée scolaire 2026-2027 apparaît dès lors comme une nouvelle étape dans une politique qui cherche à articuler gratuité et accessibilité de l’école, soutien aux familles, amélioration des conditions d’enseignement, égalité entre filles et garçons et promotion de l’excellence. Avec l’élargissement spectaculaire du programme de kits scolaires destiné aux jeunes filles, l’accent est clairement mis cette année sur une conviction : aucune enfant ne devrait renoncer à son avenir scolaire simplement parce qu’elle est une fille ou parce qu’elle est née dans une famille ou une localité vulnérable.

Et derrière le souhait d’une rentrée placée sous le signe de « l’apprentissage, de l’épanouissement et de la réussite » se dessine finalement une ambition plus large : faire de l’éducation l’un des principaux instruments de l’égalité des chances, de l’inclusion sociale et de la préparation du Togo de demain.

Dimas DZIKODO

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