Plus de 150 000 kits scolaires seront distribués cette année à des élèves filles issues de 1 500 localités vulnérables. À travers le projet SWEDD+, le gouvernement togolais, avec l’appui de la Banque mondiale et de l’UNFPA, poursuit une politique volontariste en faveur de la scolarisation, de l’excellence et de l’autonomisation des filles.
Par Dimas DZIKODO
Le Togo franchit une nouvelle étape dans sa politique de promotion de l’éducation de la jeune fille. La deuxième édition de la campagne nationale de distribution de kits scolaires aux élèves filles du primaire, des collèges et des lycées publics a été officiellement lancée le 9 septembre 2026 à Blitta Gare, dans la commune de Blitta 1.

La cérémonie a été présidée, au nom du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, par Dr Sandra Ablamba Johnson, ministre, Secrétaire générale de la Présidence du Conseil et Gouverneure de la Banque mondiale pour le Togo. Plusieurs membres du gouvernement ainsi que Marie-Chantal Uwanyiligira, Directrice de la Division de la Banque mondiale pour le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Togo, ont pris part à l’événement.
Mise en œuvre dans le cadre du Projet d’Autonomisation des Femmes et du Dividende Démographique en Afrique Subsaharienne Plus (SWEDD+ Togo), avec l’appui financier de la Banque mondiale et l’accompagnement technique de l’UNFPA, l’opération doit permettre de distribuer plus de 150 000 kits scolaires dans 1 500 localités sélectionnées sur la base de critères de vulnérabilité multidimensionnelle. En 2025, la première édition avait bénéficié à 101 334 élèves filles réparties dans 782 localités.
La campagne comporte également un volet de promotion de l’excellence. Les meilleures filles aux examens du CEPD, du BEPC et du BAC 1 dans les cantons concernés sont récompensées, notamment par des sacs équipés de panneaux solaires et de lampes d’éclairage fabriqués au Togo.
Pour le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, cette initiative s’inscrit directement dans la politique d’équité d’accès à l’éducation et à la formation. Il a salué l’engagement du Président du Conseil en faveur du développement du capital humain, estimant qu’une fille qui accède à l’école doit également disposer des conditions nécessaires pour progresser et réussir.
La Banque mondiale a, pour sa part, réaffirmé son soutien au Togo. Marie-Chantal Uwanyiligira a salué le choix stratégique fait par le gouvernement de placer l’éducation des filles au cœur de ses priorités et assuré de la disponibilité du Groupe de la Banque mondiale à poursuivre son accompagnement.
Dr Sandra Ablamba Johnson a rappelé que l’éducation des filles constitue un puissant levier de transformation sociale, d’égalité des chances et de développement durable. Elle a notamment évoqué les réformes engagées ces dernières années : gratuité de la scolarité dans l’enseignement primaire et secondaire public, suppression des frais d’inscription aux examens scolaires, cantines scolaires, assurance maladie des élèves à travers School AMU et renforcement des infrastructures éducatives.
Ces politiques ont contribué à réduire sensiblement les écarts entre filles et garçons. Au primaire, le taux net de scolarisation des filles atteint 98,54 %, contre 97,07 % chez les garçons. Le taux d’achèvement est également plus élevé chez les filles, avec 90,48 %, contre 87,19 % chez les garçons.
Approuvé par la Banque mondiale en septembre 2023 pour un montant de 62,5 millions de dollars, soit environ 37,5 milliards de FCFA, le projet SWEDD+ ambitionne de toucher plus d’un million de filles et de femmes togolaises. Au-delà de l’éducation, il intervient dans l’accès à l’état civil, la santé reproductive, la formation professionnelle, l’autonomisation économique et l’entrepreneuriat féminin.
À travers cette nouvelle campagne, le Togo entend ainsi consolider les acquis de sa politique éducative et faire de l’égalité des chances une réalité concrète, notamment pour les filles issues des familles et des localités les plus vulnérables.
Dimas DZIKODO