À Paris, la mode africaine ne vient plus seulement chercher la lumière : elle entend désormais occuper la scène. Du 25 au 27 septembre 2026, le Togolais Jacques Logoh installe une nouvelle édition du FIMO228 dans la capitale française, avec un grand défilé annoncé au Pavillon Gravelle. Une offensive culturelle et économique assumée, portée par une ambition claire : faire de la créativité africaine une composante visible, crédible et durable de l’industrie mondiale de la mode.
Par Dimas DZIKODO
Paris, capitale de la haute couture, s’apprête à accueillir une nouvelle démonstration du dynamisme créatif africain. À l’initiative du styliste et entrepreneur togolais Jacques Logoh, le FIMO228 France revient avec l’ambition de franchir un nouveau palier. Plus qu’un simple rendez-vous de créateurs, l’événement entend s’imposer comme une véritable plateforme de visibilité, de rencontres professionnelles et de conquête de nouveaux marchés pour la mode africaine.

Le point culminant de cette édition est attendu le vendredi 25 septembre au Pavillon Gravelle, dans le 12ᵉ arrondissement de Paris. Stylistes, mannequins, professionnels du secteur, entrepreneurs et passionnés de création y sont annoncés pour un grand défilé placé sous le signe de l’élégance, de l’innovation et de l’ouverture internationale. Le thème retenu, « La mode pour un monde sans VIH », donne à la manifestation une dimension supplémentaire en faisant du podium un espace de sensibilisation et d’engagement social.
Derrière cette montée en puissance, un homme : Jacques Logoh. Le Togolais avance depuis plusieurs années avec une idée fixe, presque une ligne de conduite : faire sortir la création africaine des circuits périphériques pour l’installer là où se construisent les tendances, les réputations et les opportunités. Le FIMO228, lancé au Togo en 2013, est devenu au fil des éditions l’un des instruments majeurs de cette stratégie.
Le choix de Paris est donc hautement symbolique. Dans cette ville où se croisent les grandes maisons, les acheteurs internationaux, les médias spécialisés, les photographes, les influenceurs et les décideurs de l’industrie du luxe, chaque apparition compte. Pour les créateurs africains, défiler à Paris signifie pénétrer un espace mondialement observé. Pour Jacques Logoh, il s’agit précisément de provoquer cette rencontre entre les talents du continent et les réseaux internationaux capables de leur ouvrir de nouveaux horizons.
Le projet est d’autant plus ambitieux qu’il intervient dans un contexte où la mode africaine connaît une transformation profonde. Longtemps regardée à travers le seul prisme du textile traditionnel ou de l’artisanat, elle s’affirme désormais comme un secteur de création contemporaine, avec ses marques, ses signatures, ses codes, ses ambitions commerciales et son langage esthétique propre. Des capitales africaines aux diasporas européennes, une nouvelle génération de stylistes revendique désormais sa place dans l’économie créative mondiale.
C’est dans cette dynamique que Jacques Logoh entend inscrire le FIMO228. L’événement ne se contente pas de montrer des vêtements. Il cherche à structurer un environnement : promouvoir les designers, professionnaliser les mannequins, créer des connexions, rapprocher les talents des investisseurs et transformer la visibilité artistique en opportunités économiques. Autrement dit, faire du podium une porte d’entrée vers une véritable industrie.
Cette édition parisienne s’inscrit également dans la continuité de l’expansion professionnelle de Jacques Logoh, dont les activités couvrent désormais la création, le mannequinat, l’événementiel et la promotion des métiers de la mode. L’implantation de sa maison de couture à Paris en 2026 renforce encore la dimension internationale de son parcours et donne davantage de cohérence à l’ambition portée par le FIMO228.
Le rendez-vous français intervient par ailleurs quelques mois après la 13ᵉ édition du festival organisée à Lomé. La capitale togolaise demeure le socle historique de l’événement, mais Paris devient progressivement son prolongement stratégique. Cette double implantation dessine un axe particulièrement significatif : produire, révéler et structurer les talents en Afrique, puis leur ouvrir des vitrines internationales.
Avec cette nouvelle édition, Jacques Logoh veut donc aller au-delà du symbole. Organiser un événement africain à Paris ne suffit plus. L’enjeu est désormais de créer de la durée, de la crédibilité et de la valeur. Il faut convaincre les professionnels, attirer les regards, susciter des collaborations et démontrer que les créateurs africains ne sont pas simplement invités dans la conversation mondiale sur la mode : ils ont vocation à y peser.
Le thème consacré à la lutte contre le VIH ajoute à cette ambition économique et culturelle une dimension citoyenne. En associant la mode à une cause de santé publique, le FIMO228 veut démontrer que les industries créatives peuvent aussi servir de relais à des messages de prévention et de responsabilité sociale. Le vêtement devient alors plus qu’un objet esthétique : il devient support de parole, de mobilisation et de conscience.
À Paris, Jacques Logoh joue ainsi une partie importante. Derrière les lumières du podium se dessine une ambition plus vaste : faire du FIMO228 une marque internationale, un carrefour de talents et, surtout, un outil de projection de la créativité africaine.
De Lomé à Paris, le message est désormais clair : la mode africaine ne veut plus seulement être admirée pour son originalité. Elle entend être reconnue pour sa capacité à créer, à innover, à entreprendre et à conquérir les marchés. Et avec le FIMO228, Jacques Logoh veut précisément lui ouvrir cette voie.
Dimas DZIKODO