Le 67e sommet de la CEDEAO s’est tenu le dimanche passé à Abuja avec un objectif important : réconcilier l’organisation avec l’Alliance des États du Sahel (AES). Et à ce propos, «la Conférence a salué l’engagement diplomatique exemplaire de Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé…pour aplanir les divergences entre la CEDEAO et les États membres de l’AES» (sic), aux côtés de certains de ses homologues.
Une reconnaissance diplomatique méritée lorsqu’on revisite les efforts inlassables déployés par le Président du Conseil togolais qui ont grandement contribué à maintenir la paix et la stabilité dans notre sous-région en proie à des soubresauts diplomatiques visant à ramener les États de l’AES au sein de la CEDEAO de gré ou de force. Cette dernière option a failli basculer toute la sous-région dans une instabilité aux issues inconnues n’eut été le pragmatisme du Président Faure Gnassingbé qui a réussi à dissuader les va-t-en-guerre et à les amener à privilégier la diplomatie et le dialogue.
Pour rappel, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest traverse une période difficile. En janvier 2025, trois pays sahéliens ont officiellement quitté l’organisation.Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont formé l’Alliance des États du Sahel (AES) après leur départ effectif de la CEDEAO.
Créée en 1975, la CEDEAO fête donc ses cinquante ans dans un climat de tensions inédites. L’organisation qui comptait quinze membres n’en rassemble plus que douze aujourd’hui. Cette situation compromet l’intégration économique et sécuritaire de la région ouest-africaine.
Un cadre de négociations a été établi le 22 mai 2025 à Bamako. Les ministres des Affaires étrangères de l’AES ont rencontré le président de la Commission CEDEAO, Omar Alieu Touray.
Ils ont défini les axes de discussion : politique, institutionnel, sécuritaire et économique. Cette rencontre marque une première étape vers un dialogue constructif.
Les deux parties se sont engagées à préserver certains acquis de l’intégration. La libre circulation des personnes reste notamment maintenue en attendant de futurs accords.
Le sommet d’Abuja a abordé plusieurs priorités cruciales. La lutte contre le terrorisme reste l’enjeu sécuritaire principal dans une région confrontée aux groupes armés.
La gouvernance démocratique figurait aussi à l’ordre du jour. Les coups d’État récents dans la région questionnent les mécanismes de protection des institutions démocratiques. L’organisation doit repenser ses outils d’intervention pour prévenir l’instabilité politique.
L’autonomisation financière constitue un autre défi majeur. La CEDEAO dépend encore largement des contributions externes pour financer ses activités. Renforcer ses ressources propres permettrait d’améliorer son efficacité et sa crédibilité.
Ce 67e sommet représentait un tournant pour l’avenir de la CEDEAO. À cinquante ans, l’organisation a compris qu’il faut se réinventer pour retrouver son rôle de pilier régional.

