Le ministère togolais des Affaires étrangères a convoqué ce jour l’ambassadeur résident de la Délégation de l’Union européenne à Lomé. En cause : une résolution récemment adoptée par le Parlement européen, que le Togo considère comme une ingérence manifeste dans un dossier purement judiciaire et souverain.
Dans un souci de réciprocité diplomatique, le chef de la diplomatie togolaise entend obtenir des explications claires sur le sens de cette démarche européenne et rappeler fermement que la justice togolaise s’exerce en toute indépendance, conformément aux lois nationales et aux standards internationaux.Le Togo fait face à une offensive d’influence qui vise à remettre en cause l’indépendance de sa justice.
L’affaire Goma Abdoul Aziz, condamné à dix ans de réclusion criminelle pour complot contre la sécurité intérieure de l’État et groupement de malfaiteurs, est devenue le prétexte d’une campagne de lobbying orchestrée depuis Bruxelles et Paris.Derrière les motions brandies par certains eurodéputés et les pressions relayées par des ONG influencées, l’objectif est limpide : transformer une décision souveraine en instrument de chantage politique, au mépris des principes fondamentaux de non-ingérence.« Cette tentative d’ingérence bafoue la souveraineté judiciaire, piétine le principe de non-ingérence et renvoie l’image d’une Europe condescendante qui prétend dicter ses normes, mais refuse de regarder ses propres contradictions », souligne un observateur.Contrairement aux accusations portées, le Togo n’a rien à cacher.
Procès public : M. Goma a bénéficié d’une audience transparente.
Droits garantis : il a eu accès à tous les recours légaux et à un suivi médical régulier.
Liberté conditionnelle : une remise en liberté lui a même été proposée, mais il l’a refusée de son propre chef.
Les faits sont clairs : aucun arbitraire n’a entaché la procédure. L’État a simplement appliqué son code pénal pour protéger la sécurité intérieure, comme le ferait tout autre pays confronté à une menace contre ses institutions.
Ce bras de fer dépasse la seule situation de M. Goma. Il soulève une question essentielle : les pays africains ont-ils le droit de dire le droit sans subir les diktats extérieurs ?Le Togo répond par l’affirmative. Fidèle à son engagement pour un État de droit irréversible, le pays refuse de céder aux pressions illégitimes, quelles qu’en soient les sources.L’instrumentalisation du Parlement européen dans cette affaire illustre la tentation persistante de maintenir une forme de tutelle sur les Etats africains.
Mais le temps du paternalisme est révolu. La dignité des peuples et la souveraineté ne sont pas négociables.En rendant sa décision, la justice togolaise a fait ce qu’elle devait faire : appliquer la loi, rien que la loi. Elle continuera à le faire, pour garantir la sécurité du pays et la crédibilité de ses institutions.


