Washington se prépare à vivre un moment diplomatique majeur ce jeudi.

Le président américain Donald Trump réuni Paul Kagamé et Félix Tshisekedi pour signer deux accords destinés à apaiser des décennies de tensions dans les Grands Lacs et à ouvrir la voie à de nouveaux investissements occidentaux dans les minerais stratégiques.

Cependant, derrière cette scène internationale, deux acteurs ont travaillé dans l’ombre : le Togo et le Qatar.

Ils ont patiemment bâti les conditions du rapprochement.

Désigné par l’Union africaine comme médiateur entre la RDC et le Rwanda, Faure Essozimna GNASSINGBE, Président du Conseil du Togo, assistera à la rencontre.

Sa présence n’a rien de protocolaire.

Le dirigeant togolais a mené une diplomatie soutenue, en multipliant les consultations discrètes avec Kigali, Kinshasa et plusieurs partenaires internationaux.

Son but était simple : préserver le dialogue alors que les combats reprenaient dans l’est de la RDC.

Une source proche du dossier résume son rôle ainsi :

“Le Togo apporte une voix africaine crédible, neutre et capable de parler à tous.”

Le Qatar joue aussi un rôle déterminant.

Co-médiateur aux côtés des États-Unis, Doha a participé à l’architecture du plan de paix.

Le pays s’est appuyé sur ses réseaux diplomatiques et sa capacité à relier Washington, Kigali, Kinshasa et l’Union africaine.

Le Qatar a agi sur trois fronts : maintenir la pression pour une désescalade, assurer la continuité du dialogue et rallier les partenaires régionaux et internationaux au cadre proposé.

La rencontre de ce jeudi doit entériner deux textes : un pacte d’intégration économique signé en novembre entre la RDC et le Rwanda, et un accord de paix soutenu par Washington.

La Maison Blanche espère que cette double signature stabilisera l’est de la RDC.

Elle souhaite ainsi favoriser l’arrivée de milliards d’investissements dans le cobalt, le cuivre, le lithium, l’or et d’autres minerais critiques.

L’enjeu est stratégique : les États-Unis veulent réduire leur dépendance à la Chine.

Pourtant, la situation sur le terrain reste très volatile.

Mardi dernier, l’armée congolaise et les rebelles du M23 se sont accusés mutuellement de violer le cessez-le-feu.

Le porte-parole du gouvernement congolais, présent à Washington, a accusé Kigali de “ne pas vouloir la paix”.

Le M23, soutenu par le Rwanda selon plusieurs rapports onusiens — ce que Kigali nie — n’est pas invité à Washington.

Le mouvement ne sera pas lié par l’accord.

Les tensions entre Kigali et Kinshasa nourrissent des cycles de guerre depuis près de trente ans.

Les deux guerres du Congo (1996–2003) ont provoqué des millions de morts.

Les avancées du M23, qui a pris cette année les deux plus grandes villes de l’est de la RDC, ravivent la crainte d’un embrasement général.

Ce jeudi, lorsque les dirigeants congolais et rwandais signeront les accords, ils consacreront aussi la réussite d’une médiation africaine portée par Faure Essozimna GNASSINGBE.

Ils salueront également un partenariat diplomatique inédit entre le Qatar et les États-Unis.

Le Togo fera entendre à Washington la voix d’un continent qui aspire à une paix durable, à une sécurité renforcée et à une intégration économique régionale.

Il portera l’espoir d’une sortie du cycle tragique des violences.

Un moment historique, fragile mais porteur d’espérance, que le monde suivra avec attention.

🧢

Share.
Leave A Reply

Exit mobile version