Par l’Instance de protection des données à caractère personnel ( IPDCP), l’État entend contraindre les opérateurs du numérique à stocker les données des utilisateurs sur le territoire national.
Cette ambition est portée par le président de l’IPDCP, le colonel Bédiani Béléi.
Il évoque les enjeux, les premières plaintes et les priorités à venir.
Q1 : Que recouvre la notion de données à caractère personnel ?
Colonel Bédiani Béléi : Il s’agit de toute information liée à l’identité d’une personne.
Cela concerne le nom, le prénom, le numéro de téléphone, les données bancaires ou de santé, ainsi que l’image.
Ce sont des données sensibles. Elles doivent être protégées.
Les responsables de traitement ont quatre obligations majeures.
Il s’agit de la confidentialité, de la sécurité, de la conservation et de la pérennité des données.
Q2 : Pourquoi cette mobilisation autour de la protection des données ?
Colonel Bédiani Béléi : La loi a été adoptée en 2019. L’instance a été organisée en 2020.
Les activités ont effectivement démarré en mars 2025.
La culture de la protection des données reste faible au Togo.
Il faut la bâtir.
Le numérique comporte de réels risques pour la vie privée.
La sensibilisation est donc essentielle.
Q3 : Avez-vous déjà enregistré des plaintes ?
Colonel Bédiani Béléi : Oui. Un salarié a été filmé sur son lieu de travail.
Son image aurait servi à justifier un licenciement.
Or, les caméras ne doivent pas servir à surveiller les travailleurs.
Elles sont autorisées uniquement pour des raisons de sécurité.
Le plaignant a été orienté vers le tribunal du travail.
Nous recevons aussi des demandes d’autorisation de traitement et de transfert de données à l’étranger.
Nos capacités techniques restent limitées.
Nous accompagnons néanmoins les acteurs concernés.
L’objectif demeure clair.
Les données des Togolais doivent être stockées au Togo.
Les données constituent une richesse stratégique. Elles sont comparables au pétrole.
Q4 : Quelles sont les priorités pour l’année à venir ?
Colonel Bédiani Béléi : En 2026, l’IPDCP veut s’imposer comme un régulateur de confiance.
Les priorités portent sur le renforcement du cadre juridique.
Elles concernent aussi la sensibilisation des citoyens.
La formation des acteurs est essentielle.
Le développement de partenariats institutionnels est recherché.
La réglementation devra s’adapter aux nouveaux défis numériques.
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